Étudiant en 2e année du Programme Grande École à Epitech Lille, Julien Plomion a choisi de relever un défi en dehors du cadre académique : participer au 4L Trophy 2026, le plus grand rallye étudiant d’Europe. À bord d’une mythique Renault 4L de 1987, il a traversé la France, l’Espagne puis le désert marocain pour acheminer des fournitures scolaires aux enfants du déserts. Une aventure humaine, mécanique et solidaire, rendue possible notamment grâce au soutien d’Epitech. Entre passion pour l’automobile, dépassement de soi et esprit d’équipe, Julien revient dans cet article au format interview, sur une expérience qui fait écho, à bien des égards, à la pédagogie Epitech.

Pourquoi avoir choisi de te lancer dans cette aventure ?
Je suis passionné d’automobile et mon meilleur ami, avec qui j’ai fait équipe, l’est aussi. Mon grand-père est collectionneur de voitures, donc j’ai toujours baigné dedans. Faire le 4L Trophy, c’était un rêve depuis longtemps.
Au delà de cette passion, j’avais surtout envie de me challenger et de sortir de ma zone de confort et pour ça, quoi de mieux que de participer au 4L Trophy ?
Un moment fort à partager ?
Honnêtement, toute l’aventure est un moment fort en soi. Chaque étape apporte son lot d’émotions et de challenges. Nous avons quand même parcouru plus de 7 500 km au total, traversé les cols de l’Atlas où nous avons croisé de la neige sur les hauteurs, navigué à la boussole dans les dunes du Sahara et vécu des moments qu’on n’aurait jamais imaginés. L’ambiance tout au long du raid était incroyable : festive, soudée, avec cette énergie unique. Mais s’il fallait en choisir un seul, ce serait sans hésiter les moments passés à rouler dans le désert.
Je me souviens d’un moment où on s’est fait un kiff et on a roulé à pleine vitesse dans le sable. Juste nous en 4L, le bruit du moteur, le ciel bleu et le sable à perte de vue. C’était magique, une parenthèse hors du temps.

Une galère que tu as rencontrée ?
Oui, on a eu quelques pannes, dont un joint de culasse HS juste avant de prendre le bateau pour le Maroc, mais la plus marquante a été celle en plein désert. Nous avons cassé un amortisseur après être passés dans un creux assez profond que nous n’avions pas vu avec le sable. Sur le moment, c’est un mélange de stress et d’adrénaline. Nous avons dû réparer sur place en plein désert, avec des conditions loin d’être idéales. Heureusement d’autres équipages et l’équipe méca sont venus nous donner un coup de pouce.
Ce rallye nous a appris l’entraide avant tout : sur la piste, personne ne laisse personne en rade. On s’arrête, on dépanne, on partage. C’est une valeur qu’on ramène avec nous et qu’on n’oubliera pas.
Pourquoi était-il important pour toi de représenter Epitech ?
Représenter Epitech dans une aventure comme celle-ci avait beaucoup de sens pour moi. Au-delà de l’image, il y a une vraie cohérence entre les valeurs de l’école et celles du 4L Trophy comme l’autonomie, l’entraide, la capacité à se dépasser et à apprendre par soi-même.
Je suis fier de mon école donc j’étais très heureux de pouvoir porter ses couleurs jusque dans le désert marocain. C’était aussi une manière de montrer que les compétences développées à Epitech peuvent s’appliquer bien au-delà du simple apprentissage de l’informatique.
En quoi le soutien d’Epitech a-t-il été important pour ton projet ?

Le sponsoring d’Epitech a été essentiel pour financer l’aventure. Ça représente un coût global important : l’inscription au rallye, la voiture, les réparations, l’essence, mais aussi les fournitures scolaires à distribuer aux enfants sur place.
Mais au-delà de l’aspect financier, il y a eu un vrai soutien moral. Savoir que mon école me soutenait, que les étudiants et les équipes étaient derrière moi, ça m’a énormément boosté ! Je leur en suis très reconnaissant.
Est-ce que certaines compétences développées à Epitech t’ont aidé pendant l’aventure ?
Oui, clairement : l’autonomie et la capacité d’adaptation. Je ne connaissais rien à la mécanique avant, j’ai dû tout apprendre sur le tas. Un peu comme quand j’ai appris le langage C en première année sans aucune base. Le 4L Trophy, c’est un peu comme une piscine de C : tu es plongé dedans et tu dois apprendre vite. Grâce à ça, j’ai su gérer les galères plus facilement, les prendre comme elles venaient, garder mon sang froid et agir pour résoudre les problèmes.
Si tu devais comparer le 4L Trophy à un projet Epitech, lequel choisirais-tu ?
Je ferais le parallèle avec le projet de fin de première année, Wolf3D. C’est un projet qui consiste à recréer un jeu vidéo FPS à l’instar du jeu Wolfenstein 3D des années 90. C’est l’un des premiers grands projets en équipe, qui s’étale sur plusieurs semaines et demande beaucoup d’organisation.
Ce projet rassemble de nombreuses compétences : l’algorithmie, la gestion des rendus graphiques, la résolution de bugs, mais aussi la coordination entre les membres de l’équipe. Pour le 4L Trophy, c’est pareil. C’est un projet d’envergure, mené à deux, qui nécessite de gérer plusieurs choses en parallèle : la mécanique, la logistique, les sponsors, les imprévus, la navigation…
Dans les deux cas, il faut faire preuve de rigueur, de communication et d’adaptabilité. Et surtout, il faut savoir gérer la pression et avancer malgré les difficultés.

Que retires-tu de cette expérience ?
« ’est une expérience qui fait grandir, autant sur le plan personnel que professionnel. J’ai développé des compétences comme la polyvalence, la gestion du stress, et surtout la capacité à se débrouiller en toutes circonstances. Le 4L Trophy pousse à sortir de sa zone de confort et à faire face à l’inconnu.
Mais ce qui restera gravé en moi, ce sont les rencontres. Des équipages venus de toute la France avec qui on a partagé des galères, des fous rires et des repas au milieu de nulle part, et avec qui on a créé des liens qu’on n’attendait pas. J’ai été profondément touché par la générosité et la chaleur humaine des habitants du Maroc. Et surtout, des paysages et une culture qui donnent une toute autre vision du monde. Le retour à la réalité a été aussi intense que le départ !

À travers cette expérience, c’est toute la pédagogie Epitech qui prend vie en dehors du campus. Apprendre en faisant, s’adapter en permanence, collaborer pour avancer : autant de principes que Julien a appliqués dans le désert comme dans ses projets à l’école. Une preuve concrète que les compétences développées à l’école trouvent un écho bien réel sur le terrain.