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      Piscine Moonshot #4 : guéris-toi toi-même

      06.09.14

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      La quatrième journée de la Piscine Moonshot a eu hier pour thème : demain, se soignera-t-on tout seul ?
      Daphné Lecomte-Somaggio, déléguée générale de l’Association Française des Industries Pharmaceutiques pour l’Automédication responsable (AFIPA), Alexis Thobelem (responsable social media et objets connectés chez Danone) et Camille Brunel (rédacteur en chef du magazine Independencia), en étaient les intervenants.

      Cette conférence n’a pas laissé indifférents nos étudiants de troisième année, autant pendant la conférence qu’au moment de présenter leurs « pitches ».

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      (Daphné Lecomte-Somaggio, Alexis Thobelem et Camille Brunel)

      C’est quoi l’auto-médication ?

      L’auto-médication est devenue un sujet qui touche tout un chacun. Elle consiste selon l’AFIPA, « à soigner ses maladies grâce à des médicaments autorisés, accessibles sans ordonnance, sûrs et efficaces dans les conditions d’utilisation indiquée (Organisation Mondiale de la Santé, 2000) ».
      L’auto-médication ne concerne pas le traitement des maladies chroniques, ni les enfants, ni les femmes enceintes. La population concernée est celle des bien-portants.

      Be self-careful

      L’auto-médication représente aujourd’hui 7 % du total des ventes de médicaments. Ce mouvement global s’est développé d’abord dans les pays anglo-saxons et revient à transformer, d’après Daphné Lecomte-Somaggio, le patient infantilisé en acteur responsable de son capital santé. Il s’agit de faire attention à soi – « self-care » – s’éduquer pour être autonome et partager l’information pour être capable de s’auto-diagnostiquer en toute responsabilité, tout étant accompagné par les pharmaciens.

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      Débat d’idées

      Cette première intervention n’a pas manqué de provoquer nombre de questions de la part des étudiants – c’est aussi le but d’une conférence Moonshot. Exemples de questions :

      • Un système d’auto-médication libre n’est-il pas la porte ouverte à des abus de consommation de substances addictives (les antalgiques de palier 2 pour les migraines par exemple) ?
      • N’y aurait-il pas un problème de responsabilité pour le pharmacien dans le cas d’un mauvais diagnostic du patient ou, pire, en cas de décès ?
      • Peut-on parler d’une régression du système de santé ?

      Imprimer son steak haché

      Ce mouvement d’auto-diagnostic s’étend, en particulier via les devices portables et autres bracelets connectés à notre disposition aujourd’hui (FitBit, Nike+ FuelBand etc.). Quant à imaginer ses développements en 2044, Alexis Thobelem a essayé d’en livrer quelques pistes. Selon lui, les objets connectés d’aujourd’hui sont pauvres en termes de délivrance de données réelles. En revanche, dans un horizon de 2 ans environ, les objets qui vont arriver sur le marché, équipés de « trackers » plus performants, seront en mesure de fournir de « vraies » data individuelles.

      En conjuguant ce quantified-self « sérieux » et la production de produits à domicile, via des imprimantes 3D miniaturisées à portée de tous, nous sauterons un pas qualitatif jamais vu.
      « Un bouleversement total » selon Alexis Thobelem, qui touchera toutes les industries, même l’agro-alimentaire, surtout si l’on arrive un jour à fournir des imprimantes alimentaires… On sera alors bien loin du four à pizza connecté d’aujourd’hui.

      Sci-Fi , medikits et robots pas rigolo

      La présentation que Camille Brunel a faite des “medikits”, prothèses improbables, lasers qui guérissent, robots chirurgiens et sarcophages qui ressuscitent les personnages dans des films de science fiction (cf. Star Wars, Elysium, Prometheus) a enthousiasmé les étudiants. Ils étaient fin prêts pour sortir des cadres et livrer leurs projets en fin de journée.

      Projet McCoy

      Ce projet, pour ne citer que lui, va bien au-delà de la citation retro-future : il se base sur la combinaison FÉLIN 2 déjà utilisée par l’armée française.

      Dans le cadre d’une opération militaire, si un soldat est touché gravement, un des membres de la brigade entre en contact avec le poste médical relié en “remote” avec ce dernier, notamment via son dispositif intégré de Réalité Augmentée (R.A.). Le chirurgien diagnostique la blessure, et l’état général du blessé via les informations délivrées par la combinaison FÉLIN et ses capteurs. En liaison R.A. avec le soldat qui secoure son congénère, il lui indique exactement quoi faire par des lignes pour l’opérer directement sur le terrain d’opération, notamment l’intensité du geste à appliquer, si on pense à un scalpel laser par exemple. Un projet futuriste certes, mais très plausible.