Informations
    Actualités & évènements
      Loading...

      AlternC comme si vous y étiez

      23.05.11

      À l’occasion de la sortie du livre éponyme, Chantal Bernard-Putz et Benjamin Sonntag de la société Octopuce ont donné une conférence à Epitech Nancy mercredi 10 mai 2011.

      AlternC est une suite logicielle permettant de gérer un ou plusieurs serveurs d’hébergement de site web, email, listes de discussions et autres services internet. Elle est utilisée par de nombreux hébergeurs en France comme à l’étranger depuis 2001. Chantal Bernard-Putz est une intervenante régulière d’Epitech Nancy. Sa conférence ouverte aux étudiants a permis de présenter cette solution dans les détails… et d’ouvrir quelques horizons quant au logiciel libre et la neutralité du net.

      (Retrouvez également cette interview dans le prochain numéro du IONISMag.)

      Qu’est-ce qu’AlternC ?

      AlternC est une suite logicielle qui rend extrêmement aisées la gestion de noms de domaines et de sites web ainsi que la création de mails, de sous-domaines, de listes de discussions…, sans nécessiter de compétence particulière en administration système. AlternC est un logiciel libre : son code source est public ce qui permet à ceux qui le souhaitent de le modifier et de l’adapter à leurs besoins. Il peut être installé sur des serveurs ; sous Debian/Linux. C’est un projet convivial, qui a démarré en 2000 et n’a cessé de progresser depuis. AlternC est suivi par de nombreux contributeurs, en France comme à l’étranger et s’adresse aux personnes qui souhaitent gérer de façon indépendante leur communication Internet … AlternC convient aux entreprises et aux grosses structures qui peuvent héberger leurs différents services ou antennes, aux agences Web qui peuvent héberger leurs clients ainsi qu’aux collectivités.

      En quoi est-ce un outil politique ?

      AlternC met l’hébergement de données à la portée du plus grand nombre, permettant ainsi à de petits hébergeurs de voir le jour, multipliant et diversifiant l’offre en termes d’hébergement de qualité. Il participe à la logique d’un internet décentralisé. Ce projet a associé intimement techniciens et utilisateurs finaux non informaticiens.

      Quel est le futur des logiciels libres ?

      Il sera ce que nous en ferons ! Ils sont, pour l’heure, promis à un bel avenir, par exemple tous les députés français ont reçu des ordinateurs portables sous Ubuntu, un système d’exploitation libre. De plus en plus d’administrations utilisent des logiciels libres de traitements de texte. La bourse de Londres vient de baser sa plateforme sur un système d’exploitation Linux-Solaris, rejoignant ainsi les bourses de Tokyo, Chicago et New York qui utilisent déjà Linux (distribution Red Hat). Sans logiciels libres, Internet n’existerait pas car les protocoles TCP/IP, à la base des transferts, en sont !

      « Logiciel libre » rime-t-il avec « gratuit » ?

      Pas forcément, il existe des logiciels gratuits qui ne sont pas libres (leur code reste secret). Il existe également des logiciels libres qui ne sont pas gratuits, leur déploiement nécessitant de fortes compétences. Ce qui caractérise un logiciel libre c’est que son code est fourni avec le logiciel et peut donc être étudié, copié, modifié voire redistribué. Rien n’est gratuit sur Internet. Les adresses mails, les hébergements dits « gratuits » sont souvent assortis de l’utilisation des données personnelles des utilisateurs et de leurs correspondants ou visiteurs.

      Vous évoquez la « neutralité du Net ». Qu’est-ce que cela signifie ?

      Les fournisseurs d’accès internet comme tous les opérateurs techniques doivent rester dans leur rôle de technicien et ne pas altérer les données transmises via leurs infrastructures. L’atteinte à la neutralité du Net, c’est par exemple ne pas transmettre tous les contenus. Certains exemples sont connus : au cours d’un mouvement social en 2005, au Canada, un opérateur a bloqué l’accès aux sites des syndicats. C’est également transmettre les contenus à des vitesses différentes selon leur origine. Ou encore les filtrages et fermetures d’accès internet, sur ordre des gouvernements d’alors, en Tunisie, Égypte… au printemps 2011. Défendre la neutralité d’Internet ne signifie pas opter pour une zone de non-droit. Internet souffre beaucoup plus d’avalanches de lois inappropriées que d’un vide législatif.