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      Conférence d’Alec Ross : « L’espoir d’un meilleur futur est entre vos mains »

      13.03.19

      Ancien conseiller de Barack Obama, professeur d’université et essayiste, Alec Ross nous a fait l’honneur de venir présenter son livre best-seller traduit en plus de 24 langues « The Industries of the Future » sur le campus d’Epitech. Il a livré une conférence en anglais, puis a répondu aux questions des étudiants sur leur rôle en tant que décideurs du futur.

      Les premiers mots qu’Alec Ross prononce lors de cette conférence exceptionnelle sont des paroles d’excuses : « Au nom de l’Amérique, je suis désolé que Trump soit au pouvoir ». L’ambiance est installée, les étudiants rigolent.

       

       

      Cet ancien diplomate devenu prof d’université n’a pas sa langue dans sa poche. Il se dit féministe, se positionne publiquement en faveur des politiques pro-LGBT, se moque gentiment de la religion, et n’hésite pas à critiquer les gouvernements. Néanmoins, son terrain d’étude principal, c’est l’innovation et les industries du futur, comme le rappelle le livre éponyme, devenu un best-seller aux quatre coins du globe.

      Rencontrer les étudiants du Groupe IONIS, ceux qui feront le futur

      « Alec Ross a parcouru une quarantaine de pays, pour rencontrer ceux qui transforment le monde et explore les dernières avancées technologiques, économiques, et sociales » raconte la dernière couverture de « Les Industries du futur ». C’est donc tout naturellement au Kremlin-Bicêtre qu’il s’arrête pour ses 24 heures en France, afin de rencontrer les étudiants du Groupe IONIS, qui feront, eux aussi, partis de ceux qui décident du futur.

       

       

      Ce pôle technologique « pourrait devenir la Silicon Valley française » rigole Marc Drillech, PDG du Groupe IONIS et qui interview Alec Ross pendant son intervention. Pourtant, le professeur n’hésite pas à défaire les utopies qui courent autour du mythe de la Silicon Valley. « Ne regardez pas la Silicon Valley comme un modèle, mais créez votre propre modèle », conseille Alec Ross, qui a un avis sur tout, et qui le donne de manière bienveillante à tous ceux qui lui posent des questions, exercice qui peut être stressant car cet homme a fréquenté Barack Obama pendant plusieurs années.

      « L’innovation viendra de partout »

      Alec Ross est américain, a travaillé pour le gouvernement américain, et a l’esprit américain : il prône la méritocratie plusieurs fois pendant sa conférence, enjoint les investisseurs à faire confiance aux jeunes en deçà de leurs origines sociales, et revendique la nécessité de faire de la discrimination positive pour engager les femmes à travailler dans la tech. Des valeurs également prégnantes à la philosophie du Groupe IONIS. Pourtant, Alec Ross n’est pas chauvin. Au contraire même : « dans mon livre, dit-il, j’écris que le futur ne sera pas dominé par les États-Unis, l’innovation viendra de partout ».

      Parce qu’il croit au pouvoir de la jeunesse, l’ancien diplomate est devenu professeur. Il précise : « mon espoir, c’est que les élèves comme vous qui imaginent le futur se concentrent à maximiser les promesses d’un meilleur futur ». Alec Ross enjoint même les étudiants qui l’écoutent religieusement, à répondre au grand challenge d’aujourd’hui : l’écologie. « Vous débutez votre carrière, et vous devez vous concentrez sur ce qui compte aujourd’hui grâce à vos talents en ingénierie. Le plus important, c’est de faire en sorte qu’on ait un meilleur futur, et cette ambition est entre vos mains ».

       

       

      Mais pour cela, il faut que les investisseurs fassent confiance aux jeunes, selon Alec Ross, qui met en relief les différences entre les politiques américaines et françaises sur ces sujets-là : « Je pense qu’en France, les investisseurs doivent prendre plus au sérieux le talent et l’ambition des jeunes, il faut leur donner des responsabilités car selon mon humble opinion, c’est la plus grande lacune de la France ».

      «Un monde où la donnée est le matériau de notre révolution technologique»

      Si la terre constituait la matière première de la civilisation agricole, et le fer celle de l’ère industriel, Alec Ross affirme que ce sont les données qui sont celles de notre économie actuelle. D’où la nécessité de former des ingénieurs capables de travailler de manière bienveillante les données. « Il faut donc mettre en place des règles, sinon elles seront mises en place pour nous dans la Silicon Valley, et ce n’est pas son rôle, ni celui des gouvernements en place. La définition de règles sur les données est notre grand challenge d’aujourd’hui » plaide Alec Ross.

       

       

      Il insiste même : « Je veux vivre dans un monde où les humains disent aux machines quoi faire, et non pas le contraire ». Pourtant malgré ces avertissements, Alec Ross assène qu’il croit en un meilleur futur. Il termine même son intervention de manière plutôt positive : « J’ai choisi d’être optimiste parce que les pessimistes ne changent pas le monde, ils le critiquent ».

      De quoi donner de l’ambition à nos étudiants, et de l’espoir quant à leur rôle prépondérant et nécessaire dans notre société actuelle, et dans les futures industries dont ils seront les créateurs…