Avec la start-up Endaro, deux étudiants d’Epitech soignent les maux (administratifs) des médecins

Le 22 juillet dernier à Paris, six projets triés sur le volet ont été invités à monter sur la scène principale du Claude Founder House, l’événement phare du géant de l’Intelligence Artificielle Anthropic à l’origine de l’incontournable Claude. L’un de ces six projets portait l’empreinte d’Epitech : Endaro, un scribe médical intelligent qui veut rendre aux médecins le temps que leur vole la paperasse. Une aventure qui peut compter sur l’envie et la motivation de ses cofondateurs, Damien Collet Lamoureux et Enzo Fokwen-Rocher (Epitech promo 2028).

Start-up en santé utilisant l'IA, Endaro est portée par deux étudiants d'Epitech

Il y a des moments qui ne ressemblent à aucun autre. Pour Damien Collet Lamoureux, étudiant en 3e année à Epitech (section Internationale) qui développe le projet en parallèle de son stage actuel chez Airbus Defence & Space à Élancourt, ce moment s’est présenté sous la forme d’un chronomètre et d’une salle comble à Paris. « À 21 ans, je n’avais jamais pitché devant une salle comme celle-là, confie le jeune entrepreneur de la tech. Anthropic m’a mis sur scène devant 250 fondateurs, développeurs et investisseurs ! » Cinq minutes. Une démonstration en direct. Et à la clé, la validation publique d’une idée née il y a moins d’un an dans un dépôt de code et une conversation entre deux développeurs et un médecin en quête de solution.

Endaro : l’aide que le monde médical attendait

Pour comprendre ce que fait Endaro, il faut d’abord comprendre ce que vit un médecin au quotidien, en particulier aux États-Unis, là où est actuellement développé le projet. Après chaque consultation, le spécialiste doit rédiger une note clinique – autrement dit, un compte-rendu structuré de l’échange avec le patient, intégré dans l’Electronic Health Record (EHR), l’équivalent numérique du dossier papier. C’est une obligation légale et médicale. C’est aussi, pour des milliers de praticiens, une source d’épuisement.

« Il y a une donnée de l’American Medical Association (AMA) qui m’a marqué, c’est le temps passé par les médecins à travailler chez eux, après leur service, se souvient son co-fondateur Enzo Fokwen-Rocher, également étudiant en 3e année du Programme Grande École d’Epitech, actuellement en stage à Barcelone. Certes les médecins travaillent globalement moins d’heures de nos jours, mais le temps passé à remplir des formulaires EHR en dehors des heures de consultation, lui, ne diminue pas : pire, il n’a pratiquement pas bougé depuis des années. Il fallait changer ça. »

Start-up en santé utilisant l'IA, Endaro est portée par deux étudiants d'Epitech

Initié en septembre 2025, Endaro se positionne dès lors comme un « scribe médical » basé sur l’Intelligence Artificielle. Concrètement : le médecin enregistre sa consultation et le logiciel génère automatiquement la note clinique structurée, prête à être intégrée au dossier. Le tout en simplifiant les processus et en se voulant bien plus accessible.

« Les systèmes qui répondent à cette problématique sont généralement colossaux en matière de ressources humaines, avec souvent un département informatique dédié, ce que ne peuvent pas se permettre les médecins indépendants ou les petits cabinets alors que la charge documentaire est, elle, identique, note Enzo. C’est pour eux que l’on construit Endaro. Parlez de la consultation, signez une note finalisée, rentrez chez vous et c’est fini : aucun contrat d’entreprise n’est requis ! »

Un médecin au cœur du projet

Le troisième pilier d’Endaro n’est pas un développeur. Il s’agit du Docteur Roland Njoh, chirurgien cardiologue américain… et, accessoirement, l’oncle d’Enzo : c’est lui qui a approché les deux étudiants pour développer l’outil. Son témoignage est celui d’un praticien converti, non d’un investisseur : « J’ai personnellement créé cette application de prise de notes médicales basée sur l’IA en la voulant intuitive, précise et ne nécessitant peu ou pas de corrections. Elle me fait gagner environ une heure par jour sur les tâches administratives. C’est un outil indispensable ! »

Une heure économisée chaque jour. À l’échelle d’une carrière médicale, cela représente des milliers d’heures rendues au soin des patients. C’est cette réalité concrète qui a guidé chaque décision technique de l’équipe en plus d’une attention particulière à l’Health Insurance Portability and Accountability Act, l’équivalent américain sur les données de santé de notre RGPD.

Sur la scène du Claude Founder House Paris, Damien a justement montré en temps réel comment Endaro fonctionne. Un médecin enregistre sa consultation. Le logiciel génère la note clinique. Mais là où Endaro se distingue de ses éventuels concurrents, c’est dans son mode de vérification : chaque section de la note est accompagnée des passages exacts de la transcription dont elle est tirée. Si aucune source ne correspond à une affirmation, le logiciel l’indique clairement plutôt que d’inventer. En bref, la solution ne signe que ce qui a vraiment été dit et le prouve.

Start-up en santé utilisant l'IA, Endaro est portée par deux étudiants d'Epitech

Cet élément se veut essentiel dans un contexte médical où chaque note clinique est un document légal, comme le rappelle Damien : « Ces notes comptent parmi les données les plus sensibles qui soient et c’est cela qui a guidé nos choix d’ingénierie avant toute considération marketing. Les données des patients sont chiffrées en transit et au repos : comprenez qu’elles ne sont jamais utilisées pour entraîner des modèles d’IA. De plis, l’enregistrement repose sur le consentement. Nous avons conçu le produit pour être conforme aux réglementations américaines sur les données de santé et leur protection, dès la première ligne de code. »

Aujourd’hui, la première version Endaro est déjà utilisée par des médecins aux États-Unis. Le lancement officiel a d’ailleurs eu lieu quelques jours après sa démo parisienne sur la scène proposée par Anthropic, dans ses nouveaux bureaux en France. De quoi promettre encore un bel avenir à ce projet, en pleine santé !

« On travaille en ce moment sur un système de vérification sémantique des notes générées, confie justement Damien. C’est pour nous le cœur du sujet : une note clinique étant un document légal, chaque ligne doit être traçable jusqu’à ce qui a réellement été dit en consultation et nous aimerions publier ces recherches en open source. En parallèle, on réfléchit à une levée de fonds ou à rejoindre un programme d’accélération, avec comme priorité l’acquisition de médecins aux États-Unis. »

Start-up en santé utilisant l'IA, Endaro est portée par deux étudiants d'Epitech

Tech & santé : l’évidence Epitech

Quand on est la meilleure école du digital et du numérique (d’après le classement du Figaro Etudiant 2026), on s’intéresse forcément à la MedTech. Ainsi, en plus d’Endaro, plusieurs étudiants et alumni d’Epitech se retrouvent régulièrement à innover en santé, un domaine où les enjeux techniques, éthiques et humains sont parmi les plus complexes qui soient. On peut ainsi penser à Posos, fondé par Benjamin Grelié (promo 2007), un moteur de recherche basé sur l’IA conçu pour aider les professionnels de santé à trouver l’information médicale la plus pertinente et ainsi lutter contre le mésusage des médicaments. On peut aussi mentionner le projet étudiant de fin d’études Camille, finaliste de l’Epitech Experience 2024 avec un 2e prix du jury et le prix du public : une application de prévention de la dépression intégrant un chatbot capable de reconnaître les signes de mal-être et de guider les utilisateurs vers les ressources adéquates. Enfin, on peut se rappeler du récent hackathon organisé avec le DataLab de la présidence de la République autour de la stratégie vaccinale. De nombreux autres exemples existent et pour cause : la santé représente environ 5,5 % des débouchés des 13 300 alumni Epitech. Un chiffre qui progresse à mesure que la MedTech s’impose comme un secteur stratégique de la French Tech. Une trajectoire qu’Endaro, et ses deux fondateurs encore étudiants, contribuent à tracer.

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