Porté par trois étudiants du Programme Grande École d’Epitech Rennes, Neptune est un système d’intelligence artificielle conçu pour détecter en temps réel les signes précoces de noyade sur les plages. Pensée pour sauver des vies, cette solution innovante a permis à ses créateurs de briller lors du concours Next Startupper Award organisé durant l’édition 2026 de VivaTech à Paris, avec une prestigieuse place de finaliste à la clé.

Une success story démarrée comme un projet de fin d’études
En quelques mois, Ariel Chambaz, Adrien Picot et Lucas Iglesia sont passés des salles de leur campus rennais à l’espace VIP de l’un des plus grands événements tech du monde qui a attiré près de 180 000 visiteurs pour ses 10 ans. Une ascension irrésistible que le trio a encore du mal à réaliser. Il faut dire qu’au départ, Neptune ne se projetait pas au-delà de son statut de projet de fin d’études au sein de l’école de l’excellence informatique. L’ambition est arrivée au fur et à mesure de son développement dans le cadre des Epitech Innovative Projects.
Au début, la seule chose qui était fixe, c’était l’idée de ce qu’on allait devoir mettre en place techniquement pour aller plus loin. Puis, quand on a commencé à définir dans quelle direction aller pour faire en sorte que le projet se passe bien, on a davantage pu séparer les tâches, notamment en matière d’IA. Par exemple, Ariel s’est beaucoup occupé de la détection d’humain, Lucas de la détection des surfaces d’eau, etc. Pour autant, il reste une bonne partie des tâches que l’on continue à faire tous ensemble quoi qu’il arrive, à l’image des Datasets. De toute manière, en tant que développeurs, nous sommes forcément amenés à pouvoir toucher à tout !
Adrien, membre de Neptune

Une place en finale parmi plus de 400 candidatures internationales
Choisi pour « pitcher » en anglais le projet lors du concours à VivaTech, Ariel est à l’origine du concept de Neptune, imaginé suite à son expérience de sauveteur en mer aux côtés des sapeurs-pompiers. Aussitôt rejoint par ses deux camarades de promotion, tous convaincus du potentiel d’une telle utilisation de l’IA pour la bonne cause, il savoure désormais cette trajectoire nourrie par l’envie de se dépasser, mais aussi par un peu d’aléatoire. « C’est Epitech qui nous a appris l’existence du concours Next Startupper Award à un moment où, justement, notre état d’esprit était de participer à un peu tous les concours qui se présentaient à nous, souligne l’étudiant. Nous venions alors de remporter les IONIS Goodwills, un concours interne aux étudiants des écoles du Groupe IONIS associé à une dotation de 3 000 euros, et même si VivaTech nous paraissait un peu trop gros, on a quand même voulu tenter notre chance. » Une audace confirmée par Lucas : « On a jeté une bouteille à la mer en se disant que ce serait un peu bête de ne pas essayer. Et puis, deux semaines après, on a appris notre sélection pour la finale ! »
Sélectionné pour faire partie des six finalistes du Next Startupper Award parmi plus de 400 candidatures, dont près de 50 % venues d’étudiants internationaux, Neptune se positionne comme un exemple concret d’IA au service de la sécurité publique : une caméra classique, des algorithmes entraînés sur des données réelles et une interface qui traduit rapidement une masse d’informations visuelles en une alerte claire pour le sauveteur. Une approche et une vocation qui ont séduit le jury, à commencer par Cyril Chiche, cofondateur et CEO de Lydia Solutions, parrain de l’édition 2026 du concours : « J’ai été très impressionné par tous les pitchs, vraiment tous bien préparés. Chaque projet de cette finale du Next Startupper Award était à la fois très sérieux, très abouti et très mûr. Et parce qu’il sauve des vies sur les plages de France et d’ailleurs, Neptune est un projet qui a potentiellement beaucoup d’impact. »
Défendre son innovation face à ce grand nom de l’entrepreneuriat français, présent aux côtés d’Alice Hagger, Chief Brand & Marketing Officer de Welcome to the Jungle France, Louise Derriey, Program Manager à Station F et Fabrice Guez, CEO de DoohYouLike, n’a pas intimidé Ariel, bien préparé par son école en amont. « S’imaginer sur scène pour s’entraîner, ça aide un peu, mais ce qui compte, c’est surtout de bien connaître son sujet ! J’aurais été sans doute davantage stressé à l’idée de devoir pitcher le projet lors de VivaTech si je n’avais pas déjà vécu Epitech Experience, un grand événement de notre école organisé quelques mois plus tôt, avec une présentation faite devant vraiment beaucoup de monde, dont énormément de professionnels de la tech. »
De grandes ambitions pour la suite
Outre le prestige et la fierté d’avoir présenté son projet sur la scène du Pitch Studio, le trio de Neptune repart plus motivé que jamais du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, bien décidé à pouvoir prochainement investir dans « des serveurs, louer des caméras thermiques, voire même en acquérir une, pour continuer à avancer tranquillement et sereinement », assure Adrien.
Actuellement en stage en entreprise, les trois amis continuent ainsi de développer Neptune sur leur temps libre. « L’idée, c’est de pouvoir repartir sur une base plus solide, précise Lucas. Jusqu’à présent, on a multiplié les essais et les idées, mais maintenant, il s’agit de pouvoir surtout accéder à des plages cet été pour itérer encore plus en conditions réelles. D’ailleurs, on ne se limite pas à la mer : notre solution peut aussi fonctionner dans les lacs, dans les rivières… » Ariel l’affirme : ce n’est que le début. « Le but est de rentrer en contact avec des municipalités, peut-être via la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), afin de tester la solution, avoir des retours sur son utilisation, récupérer des Datas précieuses et voir quelles améliorations apporter. Mais c’est aussi, à terme, de rencontrer de potentiels partenaires et investisseurs, pour nous pousser à accélérer et oser s’y mettre à plein temps. »
En attendant de pouvoir faire passer un cap à Neptune, l’équipe prend le temps d’apprécier son expérience à VivaTech et tout le chemin parcouru jusqu’ici. « C’est complètement fou ce que nous vivons, estime Adrien. Aujourd’hui, on pense forcément à notre mentor, Ilyès Talbi, un spécialiste de la Computer Vision qui nous a beaucoup aidés sur le projet pendant près d’un an et demi, ainsi qu’à Epitech sans qui Neptune ne serait pas ce qu’il est. On a la chance de faire partie d’une école qui pousse ses étudiants, les place sous les projecteurs et les motive à montrer ce dont ils sont capables. On pense aussi à nos familles, qui nous ont justement permis de faire cette école, et évidemment à notre équipe, notre trio. Pouvoir travailler ensemble, entre amis, sur un projet qu’on adore tous, c’est génial. »

