Hackathon dans le secteur du bâtiment : deux étudiants Epitech sur le podium
Le BTP réunionnais a été le sujet d’un hackathon lancé à la Technopole Sud de Saint-Pierre, sur l’île de La Réunion. Pendant 48 heures, Arthur Girardin-Calbe et Théo Futol, étudiants de 2e année du Programme Grande École à Epitech La Réunion, ont planché. Aux côtés d’ingénieurs en génie civil, de commerciaux et de professionnels du marketing, il ont repensé la digitalisation du bâtiment. Résultat : Arthur termine premier, Théo deuxième, sur deux problématiques métiers totalement différents.
Un hackathon bâtiment pensé pour confronter les expertises
L’événement s’est tenu à la Technopole Sud, un pôle d’innovation situé à Saint-Pierre, deuxième ville de La Réunion. Il a été organisé par Alvéole, une jeune entreprise réunionnaise spécialisée dans l’accompagnement à la digitalisation du secteur du bâtiment.
Théo s’est retrouvé en équipe avec des étudiants en génie civil. Arthur, lui, a collaboré avec une ingénieure de 15 ans d’expérience dans le secteur, un agent commercial et deux personnes issues du marketing. Deux trajectoires différentes, un même principe : sortir les étudiants en informatique de leur zone de confort pour les confronter aux réalités du terrain.
1er du hackathon dans le secteur du bâtiment : Arthur Girardin-Calbe simplifie les appels d’offres avec ClicOffre
L’équipe d’Arthur s’est attaquée à un problème bien plus administratif. La difficulté des petites entreprises du bâtiment, TPE et PME, à répondre efficacement aux appels d’offres publics ou privés, souvent faute de temps ou d’outils adaptés. Un appel d’offres est une procédure par laquelle une entreprise ou une collectivité sollicite plusieurs prestataires pour un projet, et y répondre correctement demande un dossier complet et argumenté. Leur réponse s’appelle ClicOffre, une plateforme SaaS, c’est-à-dire un logiciel accessible directement en ligne sans installation, qui centralise les appels d’offres du secteur et accompagne l’entreprise via un chatbot pour générer une réponse complète. Un accompagnement humain était même prévu pour les premiers dossiers, le temps que l’utilisateur prenne en main l’outil seul. Arthur s’est concentré sur le prototype, le wireframe, c’est-à-dire la maquette visuelle de l’interface, et la faisabilité technique, en binôme avec l’ingénieure de l’équipe, tout en participant au volet financier du projet.

2e du hackathon dans le secteur du bâtiment : Théo Futol mise sur l’anticipation pour protéger le bâti

La problématique imposée à l’équipe de Théo touchait à la maintenance prédictive du bâti : comment repérer un signal faible, une fissure naissante ou des vibrations anormales en toiture, avant que la situation ne devienne critique et coûteuse à réparer. Son équipe a imaginé une application destinée aux bailleurs sociaux, ces organismes qui gèrent le parc de logements à loyer modéré, capable de centraliser les signalements de sinistres. Mais plutôt que de dépendre uniquement des locataires, parfois lents à signaler un problème, ils ont conçu un capteur fictif analysant chaque pièce de manière hebdomadaire à partir d’un scan de référence. Couplé à une intelligence artificielle entraînée sur des bases de données de sinistres, le système détecterait les anomalies et générerait automatiquement un rapport. Théo a pris en charge la faisabilité technique et réalisé le prototype fonctionnel, aussi appelé PoC pour Proof of Concept, présenté au jury, qui a salué l’originalité de l’idée malgré les limites technologiques actuelles.
La pédagogie par projet : l’ADN d’Epitech au service du terrain
Les deux étudiants pointent la même chose : travail en équipe, contrainte de temps, présentation finale devant un jury. Ce format leur a paru familier, presque calqué sur leur quotidien à Epitech, où la pédagogie de l’école repose sur la réalisation de projets concrets plutôt que sur des cours magistraux classiques.
Ce qui change, c’est la problématique elle-même, posée par un secteur extérieur à l’informatique. Théo a pu apporter sa maîtrise technique à des spécialistes du bâtiment. Arthur a partagé ses notions d’UX design, la discipline qui conçoit l’expérience utilisateur d’une application, tout en apprenant les rouages administratifs du BTP, un échange de compétences dans les deux sens qui résume bien l’esprit de l’événement.
Ce double podium confirme une dynamique plus large : la capacité des étudiants du Programme Grande École à transformer une problématique métier complexe en solution technique crédible, hors les murs et sous pression. Une compétence qui parle directement aux entreprises du territoire, à La Réunion comme ailleurs, en quête de profils tech opérationnels.