Les étudiants d’Epitech ont pour vocation de travailler intensément sur des projets d’informatique tout au long de l’année. En extra de cette scolarité, les étudiants sont fortement incités à participer à des projets et compétitions, qui constituent pour eux un véritable terrain d’apprentissage. Cette fois-ci, ce sont Christophe, Kilian et Léo, trois étudiants d’Epitech Nice qui se sont illustrés lors du challenge Capture The Flag Cyber on Board 2026, un événement de référence dans le domaine de la cybersécurité embarquée.
Bien que confrontés à 13 équipes issues d’écoles et de formations spécialisées en cybersécurité, les étudiants d’Epitech Nice ont décroché la première place du challenge hardware. Ils démontrent que la maîtrise des systèmes informatiques bas niveau peut faire toute la différence dans des environnements techniques particulièrement exigeants.
Le langage bas niveau est un langage qui est très près du niveau des composants électroniques, comme le langage binaire.
Cyber on Board : un événement dédié à la cybersécurité embarquée
Organisé du 26 au 28 mai 2026, Cyber on Board rassemble chaque année étudiants, chercheurs, experts et entreprises autour des enjeux de la cybersécurité appliquée aux systèmes embarqués.
Au programme : conférences techniques, rencontres avec des professionnels du secteur et surtout un challenge de type CTF (Capture The Flag) conçu autour de problématiques réelles de sécurité informatique.
Contrairement à de nombreux CTF orientés applications web ou infrastructures virtuelles, Cyber on Board propose une approche matérielle. Les participants doivent analyser des composants électroniques, comprendre des architectures complexes, étudier des protocoles de communication et identifier des vulnérabilités sur des équipements réels.
Pour les étudiants d’Epitech Nice, c’est précisément ce qui rend cet événement si attractif :
Nous avions déjà participé à l’édition précédente de Cyber on Board, ce qui nous avait donné envie de revenir. Ce qui nous plaît particulièrement dans cet événement, c’est qu’il s’agit d’un des rares CTF orientés systèmes embarqués. Nous avons davantage l’habitude de travailler sur des machines virtuelles ou des applications web. Cyber on Board propose une approche beaucoup plus matérielle, ce qui le rend particulièrement intéressant.
Christophe, étudiant de 3ème année du Programme Grande Ecole

Un défi technique autour d’un véhicule autonome
Cette année, le challenge s’articulait autour d’un AGV (Automated Guided Vehicle), un véhicule autonome destiné à la récupération et au transport de colis.
L’objectif n’était pas simplement de trouver des vulnérabilités logicielles. Les équipes devaient comprendre l’ensemble du système, aussi bien du point de vue matériel que logiciel.
Analyse de signaux, investigation, électronique, reverse engineering, compréhension des protocoles de communication ou encore exploitation de failles : chaque étape nécessitait une vision globale de l’architecture du véhicule.
Pour réussir, les étudiants ont mobilisé un large éventail de compétences techniques :
- programmation Python
- cybersécurité des systèmes embarqués
- reverse engineering
- analyse réseau
- cryptographie
- électronique
- analyse de firmware
- analyse de protocoles industriels et embarqués
Une nuit intense pour décrocher la victoire
Bien que l’événement dure plusieurs jours, le point culminant de l’événement reste le CTF organisé de 20 heures à 4 heures du matin. Christophe nous raconte. Toutes les équipes travaillent alors dans la même salle, avec un classement mis à jour en temps réel :
On entend les autres équipes chercher, réussir, parfois bloquer. Cela crée une ambiance très intense où l’on se sent constamment challengé.
Face à des étudiants spécialisés en cybersécurité, les représentants d’Epitech Nice ont choisi de s’appuyer sur leurs forces : leur compréhension des systèmes informatiques et leur capacité à apprendre rapidement.
À Epitech, nous sommes régulièrement confrontés à des projets pour lesquels nous ne maîtrisons pas encore toutes les technologies nécessaires. Nous développons donc naturellement les réflexes de recherche, d’expérimentation et d’adaptation. Cette approche a été particulièrement utile durant le CTF où il fallait constamment comprendre de nouveaux systèmes et explorer des pistes inconnues.
Christophe s’est concentré sur l’analyse des communications et des trames à l’aide d’un analyseur logique. Killian a pris en charge le câblage, l’étude des composants électroniques ainsi que la coordination générale. Léo, quant à lui, s’est occupé des manipulations Arduino, du scripting et des différentes phases d’analyse. Cette organisation leur a permis d’avancer simultanément sur plusieurs pistes et d’explorer rapidement les différentes vulnérabilités du système.
Comprendre la machine pour mieux l’analyser
Pour Christophe, l’un des moments marquants du challenge, reposait sur l’analyse d’une carte électronique basée sur un microcontrôleur ATmega.

- Après avoir établi une communication série via Arduino, l’équipe a réussi à accéder à un shell embarqué puis à identifier une vulnérabilité de type integer overflow qui a permis de déverrouiller un mode de debug et de récupérer un premier flag.
- Les étudiants ont ensuite procédé à l’extraction et à l’analyse d’une mémoire 24LC512 afin de comprendre son contenu et d’identifier les mécanismes de chiffrement utilisés.
- La récupération du firmware via AVRdude et USBasp et l’analyse des communications CAN entre les différents modules ont permis d’aller encore plus loin dans la compréhension du système.
- Grâce à plusieurs campagnes de tests et de fuzzing, ils ont finalement réussi à provoquer des comportements inattendus sur l’AGV et à récupérer de nouveaux flags décisifs pour le classement final.
Alors que de nombreuses équipes disposaient d’une forte expertise en cybersécurité, les étudiants d’Epitech Nice ont pu tirer parti de leur capacité à comprendre l’intégralité de l’architecture matérielle et logicielle de la machine. Une approche globale qui a constitué l’un des principaux facteurs de réussite.
Une victoire qui reflète la pédagogie Epitech
Au-delà du résultat, cette première place illustre parfaitement la pédagogie d’Epitech Nice. Les étudiants sont régulièrement confrontés à des projets complexes qui les obligent à apprendre de nouvelles technologies de manière autonome, à expérimenter et à collaborer efficacement.
Concernant Epitech, l’élément qui nous a probablement le plus servi est la capacité à apprendre rapidement et en autonomie. Nous sommes régulièrement confrontés à des projets pour lesquels nous ne maîtrisons pas encore toutes les technologies nécessaires. Nous développons donc naturellement les réflexes de recherche, d’expérimentation et d’adaptation.
Christophe, étudiant de 3ème année du Programme Grande Ecole
Le travail d’équipe a également joué un rôle déterminant.
Nous nous connaissons bien et nous avons rapidement trouvé une organisation efficace. Chacun pouvait avancer sur ses sujets tout en partageant ses découvertes avec le reste du groupe. Cette confiance mutuelle nous a permis d’aller vite et d’explorer plusieurs pistes en parallèle.
Bien plus qu’une compétition
Cyber on Board représente également une occasion unique de rencontrer les acteurs majeurs de la cybersécurité et de la défense.
Tout au long de l’événement, les étudiants ont pu assister à des conférences techniques de haut niveau et échanger avec des professionnels reconnus du secteur.
Parmi les rencontres marquantes figurent notamment Joël Courtois, ancien directeur général d’EPITA, Patrick Radja, président de Naval Group, ainsi qu’Arthur Bataille de Naval Group.
Des échanges précieux qui permettent aux étudiants de mieux comprendre les enjeux actuels de la cybersécurité, mais aussi les opportunités de carrière offertes par ce secteur en pleine croissance.
Epitech Nice : se former à l’informatique et à la cybersécurité par la pratique
Cette victoire illustre parfaitement la philosophie d’Epitech Nice : apprendre en réalisant des projets concrets et en se confrontant à des problématiques réelles.
Même sans suivre un cursus exclusivement dédié à la cybersécurité, les étudiants développent des compétences solides en programmation, systèmes bas niveau, architecture informatique et résolution de problèmes complexes.
Des compétences qui leur permettent aujourd’hui de rivaliser avec les meilleures équipes spécialisées lors d’événements nationaux comme Cyber on Board.
Comme le résument les étudiants eux-mêmes :
Il ne faut pas hésiter à participer à ce type d’événement même lorsque l’on pense ne pas avoir toutes les compétences nécessaires. La curiosité, l’envie d’apprendre et le travail d’équipe comptent souvent autant que les connaissances techniques.
Christophe, Kilian, Léo, étudiants de 2ème et 3ème année du Programme Grande Ecole.