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      Le classement des « nations numériques »

      22.09.09

       L’indicateur annuel E-readiness IBM/ The Economist permet depuis neuf ans de mesurer le dynamisme technologique d’une nation en matière de communication et d’information et de le comparer avec 70 autres pays. Dans ce classement des nations « numériques », la France se place cette année à la 15ème place et progresse donc de 9 places par rapport à l’an dernier. Grosse surprise en tête du classement : le Danemark.

       

      Malgré la crise économique mondiale, la confiance dans les technologies de l’information et de la communication se confirme en 2009 à travers le monde, selon les spécialistes d’IBM et du magazine d’affaires The Economist qui viennent de dévoiler leur dernier rapport annuel E-readiness. Avec 70 économies passées à la loupe, cet indicateur définit la capacité par pays à utiliser les technologies de l’information pour développer une économie et augmenter le bien être de ses habitants. Depuis 2000, l’Economist Intelligence Unit (Division études de l’hebdomadaire anglais The Economist), publie chaque année ce classement en utilisant un modèle développé en coopération avec l’Institut for Business Value d’IBM.

      Quelles sont les nations les plus numériques ?

       

      Les pays nordiques dominent les résultats du classement mondiale comme en 2008 et ont réaffirmé leur place au sein du top 10 : le Danemark a ravi la première place aux Etats-Unis, il est suivi de la Suède, des Pays-Bas, de la Norvège, et de la Finlande à la 10e position. Les Etats-Unis, relégués au 5ème rang et le Royaume-Unis, 13ème du classement, durement touchés cette année, ont perdu quelques places. Selon l’étude “E-readiness”, le Danemark est désormais le pays le plus ouvert aux nouvelles technologies. Sa superficie réduite en fait un pays où le déploiement des infrastructures numériques est moins complexe et moins coûteux qu’aux Etats-Unis.

       

      • Le classement mondial et le classement européen sont trustés par les pays scandinaves et les Pays-Bas. La France, 15ème au classement mondial, arrive à la 7ème position pour le palmarès européen. L’Hexagone qui arrive ainsi derrière l’Autriche, mais devant l’Allemagne, est surtout pénalisé par l’insuffisance du montant du budget consacré au numérique.

      • Dans la région Asie-Pacifique, Hong Kong et Singapour se démarquent des autres pays. Hong Kong est d’abord particulièrement bien noté pour son encadrement législatif des TIC. L’ancienne colonie britannique, dont l’économie est l’une des plus libérales au monde, est également le pays qui dispose du meilleur environnement économique dans cette région du globe, en dépit de la crise. Singapour, de son côté, se distingue par la démocratisation des usages du Web et du mobile au sein de sa population et de ses entreprises, et ce, devant l’Australie. Comme Hong Kong, l’île est également bien notée pour son volontarisme gouvernemental en faveur des TIC, ainsi que pour son encadrement législatif.

      • En Europe de l’Est, l’Estonie se distingue fortement des autres pays par son adoption des TIC. Pour chacun des six critères de notation de l’étude “e-Readiness”, l’Estonie arrive systématiquement en première ou seconde position. Le pays se démarque notamment pour sa politique gouvernementale et son environnement législatif.

      • Sur le continent sud américain, le Chili obtient la meilleure note sur la quasi totalité des critères de notation retenus par “The Economist”. Seule la politique gouvernementale du Mexique le relègue à la seconde place. Le pays occupe la 30ème place du classement mondial, soit deux rangs plus haut qu’en 2008. Une performance qui s’explique principalement par le plan “Digital Agenda 2.0” lancé par le gouvernement chilien pour la période 2007-2010. Initialement composé de services de sensibilisation et d’éducation au numérique, il prend désormais surtout la forme de prêts et d’investissements pour aider les PME exportatrices à se mettre au Web. 

      Quid de la France ?

      Comme dit précédemment, le classement permet de constater que la France a fait un bond de 7 places comparé à 2008, passant ainsi de la 22ème à la 15ème place en 2009 (derrière la Suisse, le Royaume-Uni et l’Autriche, juste devant Taiwan, l’Allemagne et l’Irlande).

       

      Si la France a fait ses preuves sur certains domaines comme, par exemple, la généralisation des services en ligne mis en place par l’administration et leur adoption par les consommateurs, certains points faibles continuent cependant à la pénaliser. Du coup, elle reste encore loin derrière ses voisins européens nordiques. En ligne de mire : le montant du budget national consacré au numérique, jugé encore insuffisant. Reste que La France n’est plus le mauvais élève du numérique grâce, entre autres, au lancement d’un programme de transformation et de modernisation par l’Etat (Livre blanc, révision générale des politiques publiques, etc.). Le grand emprunt national projeté par Nicolas Sarkozy pourrait continuer à doper l’hexagone avec en particulier la généralisation attendue du très haut débit. 

      La France a fait de nombreux progrès, au niveau des infrastructures et de la volonté politique de développement. Le point déterminant a été la généralisation des services en ligne mis en place par l’administration et l’adoption rapide de cette offre du service public par les citoyens. Sur ce critère, la France est 7e mondiale et 3e européenne

      précise Éric Cabos, directeur du secteur Public IBM France, dans un entretien accordé au quotidien Les Échos.

      C’est donc, en premier lieu, la stratégie gouvernementale en matière de e-administration, de développement numérique ainsi que le taux élevé de e-participation qui permet à la France  de s’inscrire, sur ce critère, au 7e rang mondial et 3e européen. Ce sont également ses efforts d’investissement pour améliorer l’accès aux technologies, le développement des infrastructures, qui lui ont permis de gagner, sur ce point, 4 places par rapport à 2008. En revanche, la problématique d’authentification, de signature électronique et de sécurité des transactions internet montre clairement sur quel chantier la France doit maintenant se pencher.

       

      Cette étude apporte un éclairage global et pragmatique en s’appuyant sur 6 critères aux horizons complémentaires. Elle permet de poser le débat en considérant l’ensemble de ce qui fait une nation :

      • Vision politique et gouvernementale – France 7e dans le monde
      • Connectivité, technologie et infrastructure – France 19e dans le monde
      • Business et environnement – France 18e dans le monde
      • Environnement culturel et social – France 17e dans le monde
      • Environnement politique et légal – France 24e dans le monde
      • Adoption des technologies par les consommateurs et les entreprises – France 17e dans le monde

      Retrouvez l’intégralité de l’enquête sur : http://graphics.eiu.com/pdf/E-readiness%20rankings.pdf