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      Golem.ai ou comment transformer le langage en action logicielle

      25.06.18

      Thomas Solignac (Epitech promo 2015) a été le porte-parole et le chef d’orchestre d’un des Epitech Innovative Project (EIP) les plus étoffés de toute l’histoire des EIP. Son nom ? Vocalys, projet qui représente plus de 2 ans de travail sur le contrôle vocal des logiciels, objets connectés et autres devices par une équipe réunissant pas moins 16 filles et garçons. Depuis ce mois de novembre 2014 et le pitch de ce projet d’envergure dans le cadre de notre événement annuel qui s’appelait encore le Forum des EIP, Thomas et Killian Vermesch, membre de Vocalys lui aussi (promo 2015), se sont associés pour lancer golem.ai, en partant de la problématiques Vocalys. Ils ont depuis pivoté et bien leur en a pris car ce pivot leur a assuré un vrai succès dans leur spécialité, le Natural Language Processing (NLP) ou Traitement automatique du langage naturel.

      Golem.ai

      Thomas, revenu nous voir notamment à l’occasion d’une table ronde organisée pour les étudiants intéressés par cette fameuse Intelligence Artificielle se prêtant à tous les fantasmes, en compagnie de Cloderic Mars, CTO de Craft.ai et Joseph Dureau, CTO de Snips, nous refait l’histoire de golem.ai : « quand on a essayé de faire quelque chose de notre EIP, Vocalys, on s’est rendu compte à un moment que le vocal n’était pas prépondérant. En définitive, c’est le langage qui l’était. C’est là qu’il faut savoir pivoter parce que tout simplement, c’est pour cela que les entreprises étaient prêtes. Elles voulaient du textuel, ce qu’on appelle maintenant les chatbots, le conversationnel etc. Pas du contrôle vocal ».

      B2D, what ?

      « Du coup Golem marche bien, on fait beaucoup de “B2D” : on vend aux développeurs et c’est important parce que les décideurs, ce sont souvent eux. On pourrait croire que ce sont les directions des boites qui revendiquent leurs intérêts au niveau technologique mais c’est d’abord l’intérêt des développeurs d’être à l’aise avec une technologie qui prime, d’avoir envie de l’utiliser etc. On passe beaucoup de temps à “charmer” les développeurs, à leur faire des produits utiles, pratiques et compréhensibles ».

      2 jambes

      « Aujourd’hui chez golem.ai, en permanence, on prépare 2 choses ; d’une part on travaille sur les besoins présents et de l’autre, on travaille sur les besoins qui vont venir ou qu’on ouvre. Ces 2 directions prises en permanence font qu’on a du sens ».

      B2B

      « Du point de vue strictement business on fait du B2B, on prend des process dans des entreprises qui sont complexes et on les rend plus simples en automatisant des échanges textuels, par exemple de l’avant-vente, de l’après-vente, ça peut être des processus internes de “ticketing”, des processus administratifs assez lourds, plein de choses ».

      Time is money

      « Dans l’automatisation, ce qui manquait, c’était le NLP – même si évidemment l’automatisation est loin d’être finie dans les environnements de travail (…) Plus on rajoute cette brique d’I.A qu’est le traitement du langage par-dessus, plus vite on gagne cette partie super importante dans ce degré d’automatisation. Ce qui est intéressant, c’est que les entreprises ne perdent pas la main. Plutôt que de mettre toute la responsabilité dans l’IA, on propose une approche “opérateur augmenté” ».

      Augmentation, satisfaction

      « Il s’agit d’assister les opérateurs, leur proposer des réponses ou de décisions, suite à quoi ils peuvent exécuter la recommandation de Golem.ai immédiatement (pour 90% des cas, c’est suffisant), ou la modifier. L’accent est mis sur le travail plutôt que le process. La satisfaction des utilisateurs s’en ressent et on libère du temps pour des activités plus humaines, comme celles qui nécessitent de l’empathie par exemple ». Golem.ai a déjà levé 300 00 € en décembre de l’an dernier et on attend confirmation de la « série A », le second tour de table…

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      (photo : Alice Santini)

      La linguistique, Chomsky et la grammaire générative

      « Je suis un grand fan de Chomsky et sa grammaire universelle mais je ne sais pas s’il a raison quand il dit que les enfants ont une compréhension innée du langage, c’est difficile si l’on n’est pas expert dans le domaine d’avoir une position là-dessus mais pour autant, les arguments qu’il défend sont très puissants : quand il parle de grammaire générative, c’est génial et c’est ce qui fait que Golem aujourd’hui est compatible avec toutes les langues humaines, même certaines langues construites comme le klingon ou l’elfique ».

      Parlez-vous l’elfique ?

      « D’ailleurs avec Golem.ai on a lancé un cycle de conférences mensuelles, intitulés « AI and society », des conférences pluridisciplinaires sur l’IA qui mélangent toutes les dimensions, techno, société, business, philo etc. Sur celle du premier mercredi de mars, on a d’ailleurs invité un spécialiste des langues construites, quelqu’un qui parle couramment elfique, avec qui on a parlé d’universalité du langage, ce qui fait immédiatement écho aux recherches de Chomsky sur ce sujet-là ».

      Sup’Internet

      « On fait ces conférences sur le campus numérique & créatif IONIS Education Group de Parmentier, dans les locaux de SUP’Internet, école dont on est toujours proche, puisque Killian Vermesch, co-fondateur et CTO de golem.ai a fait partie de l’équipe pédagogique et moi, j’y donne toujours des cours d’I.A et de Go » (pas le jeu de stratégie, le langage Google…).

      Hub Innovation

      Transmettre et faire grandir a toujours été une motivation supplémentaire pour Thomas, qui s’est piqué de philosophie aussi – La Tribune lui a d’ailleurs consacré un beau portrait -, on le sait bien à l’école, où il a été le coordinateur du Hub Innovation à Epitech Paris. Il a assumé ces fonctions pendant 2 ans, de 2014 à 2016, pendant lesquelles il a d’ailleurs commencé à initier les premières année à l’Intelligence Artificielle. AI en anglais, of course.